Vélo & Territoires

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"EMBARQ" : une étude de Vélo & Territoires sur l'intermodalité

Mis à jour le 23 juillet 2020

Le manque d’interopérabilité entre le vélo et les autres modes de transport est un frein au développement du vélo dans les territoires. C’est aussi un frein au déploiement d’un système de mobilité complet et inclusif. Sous l’impulsion de ses collectivités adhérentes et grâce au soutien de l’Ademe et du ministère de la Transition écologique et solidaire, Vélo & Territoires entame en 2020 une étude pour favoriser le développement de l’intermodalité. Ce projet vise à identifier des pistes d’action à court terme pour les territoires. Il entend aussi poser les jalons d’une véritable stratégie nationale intermodale.

Une offre sous-dimensionnée et inadaptée

La pratique du vélo est en plein essor, pour des motifs utilitaires aussi bien que pour les loisirs ou le tourisme. Elle exerce une pression de plus en plus forte sur les transports collectifs, ainsi que sur les autorités organisatrices de la mobilité. L’été 2019 a été marqué par de nombreux incidents sur les lignes françaises. Les emplacements vélo proposés dans les trains et les cars ont éconduit bon nombre de touristes et d’excursionnistes, qui affluent sur les itinéraires cyclables. Même constat pour les déplacements utilitaires : la saturation des transports, mais aussi le manque d’infrastructures et de services adaptés, rend souvent difficile la combinaison du vélo avec d’autres modes de transport pour les trajets du quotidien.

Des évolutions réglementaires à venir 

Dans le cadre de la refonte du règlement de l’Union européenne sur les droits et obligations des passagers ferroviaires, les trois institutions européennes (Commission, Parlement et Conseil) sont en discussion pour améliorer la combinaison entre le vélo et le train. À cette occasion, le Parlement européen a affirmé son soutien à la mise en place d’au moins huit emplacements pour vélos non démontés par train. Ce chiffre est basé sur les trains allemands et polonais qui incluent déjà un minimum de huit emplacements réservés aux vélos. Vélo & Territoires, en accord avec la campagne lancée par la Fédération européenne des cyclistes (ECF), soutient cet objectif.

La nouvelle Loi d’orientation des mobilités (LOM), promulguée le 24 décembre 2019, entend faciliter les déplacements quotidiens des Français et limiter l’impact des transports sur la qualité de l’air en particulier et sur l’environnement en général. Pour atteindre cet objectif, l’article 53 de la LOM prévoit le développement des modes actifs en lien avec l’intermodalité. Trois articles en particulier, intégrés au code des transports, visent à améliorer la liaison entre vélo et transports collectifs :

  • L. 1272-1 : les gares de voyageurs, les pôles d’échanges multimodaux et les gares routières identifiés […] sont équipés de stationnements sécurisés pour les vélos avant le 1er janvier 2024.
  • L. 1272-5 : les matériels (trains) neufs et rénovés affectés à la réalisation des services ferroviaires de transport de voyageurs […], à l’exception des services urbains, prévoient des emplacements destinés au transport de vélos non démontés.
  • L. 1272-6 : à compter du 1er juillet 2021, les autocars neufs utilisés pour des services réguliers de transport public routier de personnes, à l’exception des services urbains, sont équipés, à leur mise en service, d’un système pour transporter au minimum cinq vélos non démontés.

L’ensemble des dispositions prévues par la LOM sont entrées en vigueur au 1er janvier 2020. Leurs conditions d’application doivent être définies par la publication de plusieurs décrets au Journal Officiel. Deux décrets sont particulièrement attendus cette année sur le volet de l’intermodalité vélo et trains :

  • Stationnements sécurisés pour vélos aux abords des gares : parution envisagée le 31/12/2020
  • Transport de vélos non démontés dans les trains : en attente (prévu pour le 15/06/2020)

Le contenu de ces décrets, déterminé par le gouvernement, est actuellement discuté avec les parties concernées. Vélo & Territoires est associé à ces discussions, au nom de ses territoires adhérents et en cohérence avec son cap stratégique de la France à vélo 2030.

Périmètre de l’étude

Les cyclistes rencontrent des freins à chaque étape de la chaîne de déplacement intermodale. Ces freins doivent être levés pour offrir une mobilité « sans coutures » :

Le rabattement depuis et vers les pôles d’échange

Beaucoup d’usagers expriment le besoin d’une signalisation claire, homogène, continue pour orienter les cyclistes depuis les itinéraires cyclables vers les gares et les pôles d’échange. Des aménagements cyclables sécurisés permettant le rabattement sont également nécessaires.

Les services en gare (routière ou ferroviaire)

L’accompagnement des usagers est primordial pour faciliter leurs déplacements. Parmi les services les plus importants : le stationnement sécurisé (courte et/ou longue durée), la location de vélos dans les pôles d’échange et les zones touristiques, ainsi que la mise à disposition de consignes lorsque c’est nécessaire.

L’accessibilité des pôles d’échange

L’accessibilité du transport lui-même est primordiale, mais reste souvent problématique. De nombreux usagers témoignent de la nécessité de multiplier les rampes d’accès pour vélos et de rendre accessibles les ascenseurs à tous les types de vélos (cargos, couchés, etc.). La suppression des dispositifs anti-accès motorisés, souvent défavorables aux vélos spéciaux est également un enjeu.

L’information aux voyageurs

La mise à disposition d’une information claire, complète, actualisée, accessible à distance et à l’avance est primordiale pour le confort des usagers. Les indications sur la disponibilité et le type d’emplacements vélo (ainsi que le coût éventuel), les conditions d’accès et les modalités de réservation doivent faire l’objet d’une attention particulière.

L’embarquement des vélos

Outre la nécessité de développer le stationnement sécurisé et la location aux abords des pôles d’échange, il reste primordial de proposer l’emport de vélos non démontés à bord des trains et des cars. Pour ces deux modes de transport, il sera nécessaire d’identifier des systèmes efficaces et homologués d’embarquement/stockage des vélos à bord, pour augmenter le nombre de places à la disposition des cyclistes.

Objectifs de l’étude

Afin de lever, en partie, les freins listés précédemment, l’étude de Vélo & Territoires répond à trois grands objectifs :

  1. Identifier les solutions existantes pour améliorer l’interopérabilité entre vélo et les autres modes de transport
  2. Proposer des pistes d’actions concrètes à destination des collectivités
  3. Réunir et animer une communauté métier autour de l’intermodalité vélo-transports terrestres

Calendrier

Phase 1 – État des lieux : juillet 2020
  • Identification des besoins mesurables et les freins potentiels à chaque étape de la
    chaîne de déplacements
  • Compilation d’éléments réglementaires et législatifs
  • Compilation de témoignages d’usagers, journalistes et experts de la mobilité intermodale
Phase 2 – Benchmark : septembre/octobre 2020
  • Identification des bonnes pratiques d’intermodalité en France et à l’étranger
  • Synthèse des bonnes pratiques via des « fiches retours d’expérience » et des articles
Phase 3 – Préconisations : décembre/janvier 2021
  • Préconisations à court et long terme pour lever les freins préalablement mentionnés
  • Mise en place et animation d’une communauté métier des acteurs de l’intermodalité

L’étude Intermodalité (EMBARQ) est réalisée avec le soutien technique et financier de l’Agence de la transition écologique (Ademe) et du Ministère de la transition écologique et solidaire (MTES).

Politiques cyclables