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Analyse de la fréquentation cyclable 2019 : une année marquée par la pratique utilitaire

Malgré quelques soubresauts la pratique du vélo poursuit sa progression. Après une année record en 2018, le nombre de passages de vélos augmente de 5 % en 2019. Il est de 19 % supérieur à celui observé au démarrage du projet, en 2013. Explications.

Une fréquentation stimulée par la pratique utilitaire

La fréquentation moyenne par jour et par compteur est de 340 passages de vélos au niveau national. Ce chiffre progresse de 5 % par rapport à 2018 mais cette évolution diffère selon la pratique et les lieux observés. Si la fréquentation poursuit sa progression pour la pratique utilitaire (+8 %), elle tend à se stabiliser pour les loisirs (+1 %). La moyenne générale est tirée vers le haut par la pratique en milieu urbain (+7 % contre +2 % en zones périurbaines ou rurales). Plus que jamais, la solution vélo fait partie de notre quotidien. À échantillon comparable, depuis le début de la Plateforme nationale des fréquentations (PNF) en 2013, le nombre de passages de vélos enregistrés par les compteurs a progressé de 19 %. Il se stabilise par rapport à l’année 2018, année record.

Météo, calendrier, grèves… une année pleine de rebondissements

La fréquentation cyclable est présente sur l’ensemble de l’année. Bien que toujours concentrée sur la période d’avril à octobre (68 % des passages de l’année 2019), celle-ci est en perte de vitesse (‑4 points par rapport à 2018). Cette nouvelle répartition s’explique par un début d’année fulgurant (+34 % par rapport à 2018) grâce à une météo clémente et une progression de la pratique du vélo en décembre. Les grèves de fin d’année ont eu pour effet un report modal important vers le vélo avec + 14 % pour le nombre de passages en décembre. Le deuxième trimestre est en léger recul (-2 %) après des fréquentations record en 2018. Malgré deux semaines de canicule en juin et juillet, l’été a été propice au vélo. Le nombre de passages progresse de 6 % par rapport à 2018. Il s’agit même des fréquentations les plus importantes enregistrées à cette période pour les compteurs présents depuis 2013 dans la plateforme. Ces résultats encourageants ont profité à tous les milieux et types de pratiques. Le mois de juillet a été particulièrement bon pour les pratiques urbaines et/ou utilitaires qui progressent respectivement de +8 % et +11 %. L’année 2019 aurait pu atteindre un nouveau sommet si l’arrière-saison n’avait pas été contrariée par une pluviométrie importante. La fréquentation recule de 4 % de septembre à novembre, voire de 12 % pour la pratique de loisirs qui a été la plus impactée.

Le Schéma national des véloroutes au service d’une pratique multiple

Les compteurs présents sur le Schéma national des véloroutes enregistrent à la fois une pratique de loisirs (82 % des compteurs) et une pratique utilitaire ou mixte (18 %). Les échantillons sont encore faibles mais laissent entrevoir que ce maillage cohérent du territoire grâce à ce Schéma national est de nature à doper la fréquentation. Quelle que soit la pratique (loisirs, utilitaire ou mixte), le nombre moyen de passages par compteur installé sur le Schéma national des véloroutes est supérieur à la moyenne nationale : 327 passages contre 91 pour les loisirs et 753 contre 507 pour les pratiques utilitaires et mixtes cumulées.

Après une année 2018 record, la fréquentation progresse ou se maintient sur les grands itinéraires

La fréquentation sur l’ensemble des EuroVelo françaises progresse de 4 % par rapport à 2018. Une belle performance puisque 2018 marquait déjà un record pour la plupart d’entre elles. Les itinéraires EuroVelo les plus récents enregistrent les progressions les plus importantes : l’EuroVelo 17 – ViaRhôna (+7 % de passages) tirée vers le haut par la pratique utilitaire dans la métropole de Lyon, l’EuroVelo 3 – La Scandibérique et l’EuroVelo 8 – La Méditerranée à vélo (respectivement +6 %). La fréquentation des autres itinéraires se maintient ou progresse plus légèrement.

Une connaissance fine de la fréquentation cyclable

Développée en 2013 par Vélo & Territoires, la PNF suit la fréquentation cyclable grâce à la mutualisation de données de comptages automatiques de vélos. Les collectivités gestionnaires, régions, départements, agglomérations, intercommunalités partagent volontairement ces données. Fin mars 2020, les données de 903 compteurs étaient partagées par 90 collectivités. Ce sont 213 compteurs et 13 collectivités de plus qu’en 2018. Vélo & Territoires remercie infiniment les collectivités contributrices permettant une connaissance fine de la fréquentation cyclable dans les territoires et au niveau national. Huit ans de données compilées dans un même outil, ce sont des chiffres précieux et inédits pour aller toujours plus loin dans le développement des territoires et itinéraires cyclables.

Le vélo au cœur de la mobilité post-confinement

Au regard de la crise Covid-19 que nous traversons, ces données sont encore plus cruciales. Vélo & Territoires, aux côtés de ses partenaires (Ademe, AF3V, Cerema, Club des villes et territoires cyclables, FUB, ministères, Union Sport & Cycle), invite les Français à enfourcher le vélo comme geste barrière pour éviter surtout un report modal massif vers la voiture individuelle en cette période de déconfinement.

Pour objectiver la réalité de la pratique et soutenir les efforts des collectivités et de l’État, il est important de mettre la donnée au service du développement de l’usage du vélo en France. Dans ce cadre, la PNF est à un tournant et sert de base pour le lancement d’un bulletin bimensuel de suivi de la fréquentation cyclable en cette période de post-confinement. L’objectif ? Produire des indicateurs à l’échelle nationale, par type de milieu (urbain, périurbain, rural) et si possible pour les principales agglomérations/métropoles françaises de manière individualisée.

Quid de l’observation sur les aménagements cyclables de transition ? Pour répondre au mieux aux besoins de déplacements et de distanciation physique, de nombreuses collectivités ont affirmé leur intention de réaliser ou soutenir la mise en place de tels aménagements. Pour mesurer les effets du déconfinement et aller plus loin dans les démarches, Vélo & Territoires invite toutes les collectivités qui implantent des dispositifs de comptages temporaires ou permanents sur ces infrastructures à contacter Stéphanie Mangin afin d’en partager les données.

Stéphanie Mangin

Pour aller plus loin :

  • Le rapport complet « Analyse des données de fréquentation cyclable 2019 »
  • Bulletin n°1 « Fréquentation vélo et déconfinement »
  • Lire le communiqué de presse du 20 mai 2020

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