Vélo & Territoires

Inscription à la newsletter

Accueil Actualités Législatives, dix mesures pour un quinquennat à vélo

Législatives, dix mesures pour un quinquennat à vélo

Alors que 79 % des Français sont favorables à un renforcement du Plan vélo national, plus aucune élection ne peut faire l’impasse sur le vélo ! Fort de ce constat, la Fédération française des Usagers de la Bicyclette (FUB), Vélo & Territoires, le Club des villes et territoires cyclables et marchables (CVTCM), l’Union Sport & Cycle (USC) et l’Association de promotion et d’identification des cycles et de la mobilité active (APIC), ont souhaité se saisir de ce moment-clé des élections présidentielles et législatives pour faire entendre leur voix. Une voix et une vision commune pour faire valoir la pleine mesure du potentiel du vélo et prendre des engagements en faveur d’une politique cyclable ambitieuse. Une voix et dix propositions stratégiques portées par une inédite Alliance pour le vélo et un Livre blanc, pour faire du vélo un atout pour la France.

Pourquoi une Alliance pour le vélo ?

Depuis quelques années, les questions de mobilité occupent le devant de la scène et émergent de plus en plus dans le débat public. Les crises sanitaire et énergétique récentes ont rappelé la pertinence des modes de déplacement actifs, et plus singulièrement celle du vélo. Que l’on se fie aux indicateurs nationaux de fréquentation cyclable (+28 % entre 2019 et 2021, tous territoires confondus 2), à la participation record à la troisième édition du Baromètre des villes cyclables (avec 277 384 contributions et 1 625 communes classées en 2021) ou à la croissance des ventes de cycles (+ 14,3 % de chiffre d’affaires en 2021 par rapport à 20203), tous les voyants sont au vert.

Ce décalage entre envie populaire et insuffisance de conditions favorables à la pratique du vélo constitue un enjeu politique majeur. Or chaque élection est un moment-clé pour prendre des engagements pro-vélo, tant ce sujet est plébiscité par nos concitoyens qui sont dans l’attente de mesures structurantes pour favoriser son développement.

« L’investissement des collectivités est essentiel pour offrir une alternative équitable à tous les citoyens pour leurs déplacements du quotidien ou leurs loisirs. Mais cet engagement local doit s’accompagner d’une politique volontariste et ambitieuse de la part de l’État pour répondre pleinement aux attentes. C’est ce signal fort que nous appelons de nos vœux à travers l’Alliance pour le vélo. »

Chrystelle Beurrier, présidente de Vélo & Territoires

Un socle de dix mesures stratégiques

Face à ce constat, collectivités, acteurs économiques, citoyens et militants se sont réunis au sein d’une Alliance pour le vélo créée le 11 février 2022 à l’occasion du Congrès de la FUB. Cette alliance a pour objectif principal de porter collectivement une vision du vélo comme mode de déplacement à part entière et comme outil de transformation positive face aux principaux défis contemporains, notamment climatiques et énergétiques.

Patrick Guinard (USC et APIC), Chrystelle Beurrier (V&T), Olivier Schneider (FUB),
Françoise Rossignol (CVTCM). 22e Congrès de la FUB, Février 2022. © Florian Maurer – FUB

Tous expriment d’une seule voix la nécessité de poursuivre et d’accélérer les chantiers indispensables au développement du vélo en France. Dans tous les territoires, le vélo doit apparaître comme une solution de mobilité crédible pour atteindre une part modale d’au moins 12 % d’ici 2030. Cette progression devra s’accompagner d’un engagement ferme et budgété de l’état pour appuyer les mesures portées au quotidien par les collectivités territoriales.

53 % des Français seraient prêts à se déplacer davantage à vélo si les conditions matérielles le permettaient (source : Sondage OpinionWay pour la FUB, Janvier 2022).

Dans cette perspective, le « club des cinq » a publié, le 22 février dernier, un Livre blanc portant une vision du vélo et intégrant dix mesures pour :
– faire de la France un pays où les plus jeunes comme les plus âgés peuvent choisir le vélo pour leurs déplacements grâce à un système vélo complet, y compris en milieu rural ou périurbain ;
– faire du vélo une solution alternative désirable à la voiture individuelle pour les déplacements de proximité et combiné aux transports collectifs pour les déplacements de longue et moyenne distances ;
– faire du vélo un fer de lance de la redynamisation des territoires et un levier pour la réindustrialisation, la formation et l’emploi.

C’est sur ce socle de propositions phares que le collectif s’est appuyé pour interpeler les candidats aux élections présidentielles. Sept candidats sur douze ont répondu, dont le Président élu ; leurs engagements sont accessibles en ligne sur une plateforme commune elections.parlons-velo.fr. Les candidats aux législatives seront également invités à se positionner à compter de la mi-mai.

Candidats, positionnez-vous sur les mesures dès maintenant :

elections.parlons-velo.fr/2022

 

Les 10 priorités de l’Alliance

 

1. Doubler le réseau cyclable français durant le quinquennat, le rendre attractif, continu et maillé en augmentant le budget d’investissement de l’État d’au moins 2,5 milliards d’euros sur 5 ans.

2. Généraliser et financer le Savoir Rouler à Vélo à l’école pour que chaque écolier entre au collège en sachant faire du vélo. Des piqûres de rappel sont indispensables au collège et au lycée, avec une initiation à l’équilibre dès la maternelle.

3. Rendre le forfait mobilité durable obligatoire, totalement cumulable avec le remboursement des transports en commun et réellement incitatif pour inciter les salariés des secteurs privé et public à venir au travail à vélo ou à pied.

4. Favoriser l’intermodalité entre transports collectifs et vélo avec la création de 200 000 places de stationnement sécurisé supplémentaires dans les gares et les pôles de transports.

5. Accompagner le déploiement de cinq millions d’emplacements de stationnement vélo pour les copropriétés, le logement social et l’habitat ancien, notamment en mobilisant des financements liés aux mesures de performance énergétique.

6. Renforcer les mesures d’accompagnement social aux mobilités actives, à travers une aide à l’achat de cycles non conditionnée à l’existence d’aides locales, une extension de la prime à la conversion et la création d’une prime à la démotorisation renforcée selon des critères sociaux. Cibler notamment l’acquisition de vélo à haut niveau de service (pliants, cargos, vélomobiles), sans se limiter au soutien des seuls vélos à assistance électrique.

7. Placer la promotion des modes actifs au cœur des politiques de santé publique, de prévention primaire, secondaire et tertiaire, depuis le plus jeune âge, et jusqu’au maintien dans l’autonomie de nos aînés.

8. Soutenir l’émergence d’une filière vélo française et européenne. Favoriser la création d’un écosystème économique innovant et exemplaire (privé, public et associatif), porteur d’emplois non délocalisables pour la fabrication, la réparation et le réemploi des vélos, ainsi que dans les services autour du vélo. Faire de la France la première destination mondiale du tourisme à vélo.

9. Soutenir la revitalisation des villes et villages par des plans favorisant la piétonisation des centre-bourgs et villes, en aménageant les entrées de ville et en mettant fin à l’étalement urbain des commerces, des zones d’emploi et de l’habitat. Développer les liaisons cyclables intercommunales sécurisées.

10. Faire du 30 km/h en agglomération la règle et du 50 km/h l’exception, et limiter la vitesse hors agglomération en absence d’aménagements cyclables sécurisés.

Mesure socle : Pour que cette ambition prenne corps dans les territoires, les politiques publiques devront se faire en concertation avec les citoyens et leur expertise d’usage au travers d’un tissu associatif structuré et financé

En savoir plus :

 

Vélo & Territoires, la revue