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Baromètre des villes cyclables – Un raz-de-marée d’expression

Extrait de Vélo & Territoires 51

La participation à ce premier Baromètre des villes cyclables est « sans aucune ambiguïté » selon la FUB : les citoyens français souhaitent s’exprimer et remettre le vélo au cœur du débat public. Les résultats, dévoilés lors de son 18e congrès à Lyon, révèlent que le développement du vélo en France se fait à deux vitesses. D’un côté, les Français sont prêts à pédaler et à inscrire le vélo dans leurs modes de vie. De l’autre, les villes françaises peinent à rendre leur territoire cyclable.  Décryptage.

Plus de 113 000 Français s’expriment

Le Baromètre des villes cyclables est la plus grande enquête jamais menée en France sur le vélo, et la deuxième du genre en Europe après le Fahrradklima-Test de l’ADFC* qui a récolté plus de 120 000 réponses dans 500 villes allemandes lors de l’édition 2016. Avec plus de 113 000 réponses obtenues en trois mois (de septembre à novembre 2017), la première édition de ce Baromètre est un succès et l’objectif initial de 30 000 réponses de la FUB est largement dépassé. L’enquête constitue la plus grande contribution citoyenne aux Assises nationales de la mobilité, conduites en préparation de la future Loi d’orientation des mobilités. Un sens du timing parfait de la FUB pour pousser la voix des citoyens.

Méthodologie

Le Baromètre évalue la satisfaction des cyclistes, actuels et potentiels,ville par ville à travers des  questions classées en cinq catégories : ressenti général, sécurité, confort, importance du vélo, stationnement et services. Pour fournir des résultats étayés, la FUB a retenu les communes ayant récolté un minimum de 50 réponses. Résultat ? 316 communes de France métropolitaine et d’outre-mer, réparties en cinq catégories démographiques, ont été évaluées selon 26 questions. Sur chacune d’elle, les répondants avaient la possibilité de donner un avis allant de 1 (très défavorable) à 6 (excellent). Une note globale sur 6 a été calculée pour chaque ville selon la moyenne obtenue aux 26 questions dans chaque catégorie. Les notes sont ensuite classées sur une échelle allant de A+ à G et affichées selon les principes d’étiquetage d’efficacité énergétique utilisés pour les logements ou les produits électro-ménagers.

Palmarès des villes cyclables

Ce premier Baromètre a récompensé quinze villes, dans cinq catégories différentes, pour leurs efforts sur les politiques cyclables. Treize d’entre elles sont par ailleurs traversées par une véloroute du Schéma national vélo. Leur mobilisation sur la traversée des grands itinéraires cyclables semble porter ses fruits pour la cyclabilité de la ville… et réciproquement. Les villes ont donc tout intérêt à construire une politique cyclable transversale pour intégrer le vélo dans leur paysage urbain et connecter l’itinéraire national ou EuroVelo avec leur réseau cyclable. « Vous êtes les meilleurs en France », félicite Olivier Schneider, président de la FUB, en remettant le premier prix dans la catégorie des + de 200 000 habitants à Jean-Baptiste Gernet, adjoint au maire de Strasbourg, « mais aux Pays-Bas, vous seriez classés à quel niveau ? » La FUB ne manque pas de souligner que les villes françaises ont des efforts significatifs à faire pour permettre à leurs habitants de se déplacer à vélo de manière simple, confortable, sécurisée et à tout âge.

Quels enseignements pour les territoires et sur le vélo en France ?
Ce Baromètre des villes cyclables révèle la perception qu’ont les citoyens (cyclistes) français de leur ville. Ses résultats ne se limitent pas à décerner des bons et des mauvais points. Ils permettent de comprendre les freins à l’usage du vélo et d’identifier les priorités pour investir là où les citoyens en ressentent le besoin. Plus qu’un outil, le Baromètre instaure une saine compétition-émulation entre les villes désireuses de grappiller quelques places au classement et propose des voies pour, tous les deux ans, progresser. Ce faisant, la FUB invite les territoires à accompagner le changement de mobilité en dialogue et en co-construction avec les associations d’usagers, démontrant au passage sa capacité à fédérer et à faire monter en compétence un réseau national de plus en plus bénéfique au vélo en France. Bien sûr, les résultats du Baromètre doivent aussi être considérés avec prudence. Certaines villes en sont absentes, faute de réponses. D’autres ont obtenu un nombre de réponses record en raison d’une forte mobilisation militante cycliste locale. Enfin, il est évidemment important de se distancier du seul «ressenti». En France, tout un corpus technique est disponible et les solutions objectivement éprouvées sont désormais légion pour développer les infrastructures adaptées et une politique cyclable à 360°. S’il n’est donc pas une bible des politiques cyclables en France, le Baromètre n’en demeure pas moins un aiguillon extrêmement utile et bénéfique dans ses effets.

Allgemeine Deutsche Fahrrad-Club

Comment améliorer les conditions cyclables selon la FUB ?

• Créer un réseau cyclable complet et sans coupures
• Assurer des itinéraires directs et rapides
• Entretenir les aménagements cyclables
• Limiter le trafic motorisé
• Assurer des stationnements sécurisés et adaptés pour vélos
• Faciliter l’embarquement des vélos dans les transports collectifs
• Modérer la vitesse des véhicules motorisés
• Communiquer et sensibiliser à l’usage du vélo

En savoir plus : www.parlons-velo.fr


Quatre questions à Charles Maguin, administrateur FUB responsable de l’enquête

Quel bilan tirez-vous de cette première édition du Baromètre des villes cyclables ?
C’est un succès qui dépasse de loin nos espérances. L’objectif était double : faire un diagnostic du climat du vélo dans les villes françaises et mettre le sujet au menu des débats dans les territoires.
Avec 113 000 réponses, les deux objectifs sont atteints et la presse régionale s’en est largement fait l’écho. Les résultats sont d’ailleurs assez cohérents avec d’autres indicateurs plus techniques comme les enquêtes de mobilité des ménages.

Selon vous, quels sont les enseignements de ce Baromètre ?
Le premier enseignement c’est qu’il y a une vraie appétence pour de meilleures politiques cyclables en France. Le second, c’est que la situation des villes françaises n’est guère brillante, puisque seulement 21 villes obtiennent la moyenne, sur 316 notées. Mais si l’on prend un peu de recul, on constate aussi que les politiques cyclables sont payantes, puisque les villes qui font des efforts pour le vélo sont saluées : les cyclistes sont exigeants mais reconnaissent les efforts quand ils existent !

En quoi le contexte était-il favorable à la réalisation de cette première enquête d’envergure sur le vélo ?
L’enquête a été lancée dans le cadre des Assises de la mobilité. Alors qu’initialement le vélo n’était pas vraiment au menu des débats, il a pris sa place à la fois dans les réunions publiques décentralisées, mais aussi via le Baromètre des villes cyclables. C’était l’occasion d’offrir un vrai espace aux citoyens pour parler vélo et ils s’en sont saisis largement, au point de faire de cette enquête la plus large contribution citoyenne aux Assises.

Qu’attend la FUB de la prochaine édition du Baromètre ? Des points à améliorer ?
Cette première édition s’est vraiment bien passée, mais il y a bien sûr eu quelques ratés. D’une part, toutes les communes n’étaient pas disponibles dans le menu déroulant de l’enquête. D’autre part, certaines villes n’ont pas saisi l’importance de la relayer. Ce sera pris en compte pour la prochaine édition, en 2019. L’objectif sera d’identifier si le climat du vélo s’est amélioré en deux ans et d’aider les candidats aux municipales à affiner leur programme pro-vélo.

 

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