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Les V62 et V63, Véloroutes du sillon alpin

En plein cœur des Alpes, de la vallée de l’Isère au lac du Bourget en passant par le lac d’Annecy pour rejoindre la ViaRhôna/EuroVelo 17, les véloroutes V62 et V63 relient un patrimoine naturel et culturel d’exception sur 360 km. Deux itinéraires pour un projet commun qui fédère les collectivités concernées par le tracé. Quels sont les enjeux et les perspectives de développement pour ces véloroutes d’envergure nationale ? Portrait.

Carte d’identité

Sur 360 km, de la vallée de l’Isère au lac du Bourget et au lac d’Annecy, les V62 et V63 sillonnent les Préalpes sur quatre départements : la Drôme, l’Isère, la Savoie et la Haute-Savoie. Réalisées à 81 %, elles sont toutes deux connectées à leurs extrémités à la ViaRhôna/EuroVelo 17. De Valence dans la Drôme à Chanaz en Savoie, la continuité de la V63 est assurée à 100 % depuis fin 2017 sur 215 km. Elle rejoint Chanaz depuis Aix-les-Bains par bateau sur le lac du Bourget, de quoi proposer une offre touristique originale. Réalisée à 53 %, la V62 quant à elle relie la frontière entre l’Isère et la Savoie à la ViaRhôna/EuroVelo 17 en Haute-Savoie.

Un projet fédérateur

L’ensemble des territoires concernés par les V62 et V63 sont mobilisés autour du projet et de son aboutissement. Jusqu’à présent il était difficile de dégager une vision d’ensemble pour ces itinéraires, ce à quoi les quatre départements ont souhaité remédier. Les V62 et V63 relient ces territoires entre eux et offrent une solution de mobilité durable au quotidien. Elles se connectent à la ViaRhôna, captent ses clientèles et irriguent les territoires qu’elles traversent. Des enjeux qu’ont bien saisi les collectivités impliquées, en témoignent les efforts effectués et à venir.

Dans la Drôme tout y est

Le département de la Drôme nomme la V63 la « Véloroute Voie Verte de la Vallée de l’Isère ». Aménagée à 100 % depuis 2013, elle a fait l’objet d’importants investissements portés par le Département, la Région ainsi que les communes et intercommunalités traversées. L’itinéraire longe l’Isère sur 44 km et alterne portions en site partagé (58 %) et en site propre (42 %). Forte de sa continuité assurée, la véloroute fait l’objet d’une mise en tourisme portée par le Département et la Drôme Tourisme, à travers une communication grand public et la pose de relais information service le long de l’itinéraire.

En Isère, une continuité assurée

La V63 en Isère s’étend sur 124 km, dont 36 % sont inscrits en site propre et 64 % en site partagé. Aujourd’hui, sa continuité est assurée grâce au jalonnement en itinéraire provisoire de la sortie de la métropole grenobloise jusqu’à Chapareillan en limite avec la Savoie. Le département de l’Isère a récemment lancé une étude afin de déterminer le tracé définitif de la V63. Depuis l’automne 2017, le tronçon sud-Isère de Saint-Hilaire-du-Rosier à Grenoble est valorisé par une brochure  touristique grand public « Véloroute Voie Verte Vallée de l’Isère ».

En Savoie : un développement à deux vitesses

À la frontière entre l’Isère et la Savoie, au niveau de la Buissière, la V63 poursuit son chemin vers Chapareillan et la V62 bifurque vers la Combe de Savoie à l’est. Respectivement réalisées à 39 % et 100 %, les V62 et V63 ont fait l’objet d’un développement à deux vitesses en Savoie. Le Département mise sur l’achèvement de la V63 avant d’engager les travaux d’aménagement de la V62. Sur cette dernière, des travaux ont été lancés en 2017 sur le tronçon Tournon-Montmélian, et 30 km restent à réaliser en dix ans, voir cinq avec le soutien de la Région. La V63 relie, quant à elle, Chambéry à Aix-les-Bains où les cyclistes ont l’opportunité de traverser le lac du Bourget en bateau pour rejoindre la ViaRhôna.

En Haute-Savoie : des projets en cours

Réalisée à 63 % en Haute-Savoie, la V62 est quasiment en site propre sur les 55,7 km existants. Une des sections est superposée avec la voie verte du lac d’Annecy dont le Département a porté la maîtrise d’ouvrage dans les années 2000. La pose, l’entretien de la signalisation directionnelle et la mise en tourisme sont assurées par le Syndicat mixte du lac d’Annecy. 10 000 passages/jour en saison estivale attestent du succès de cette voie verte dont 15 km restent à aménager en rive est par le Département à l’horizon 2021. La définition du tracé de la V62 de la Balme-de-Sillingy jusqu’à son raccordement avec l’EuroVelo 17 est certainement l’un des grands enjeux en Haute-Savoie. La section y fait face à plusieurs défis : rares espaces, routes complexes à aménager, contraintes environnementales fortes.

Vers la naissance d’un comité d’itinéraire

Les V62 et V63 présentent tous les atouts pour devenir des véloroutes de renommée régionale, nationale et européenne : une réalisation avancée, des infrastructures de qualité, une connexion à la ViaRhôna et des dynamiques locales fortes. Au regard de ce potentiel, les quatre départements concernés, en coordination avec les DRC, ont enclenché une dynamique partenariale impliquant tous les territoires traversés. Ainsi s’est tenu le 27 novembre dernier à Chambéry le premier comité
de pilotage des V62 et V63, réunissant plus de quinze collectivités autour de la table. Le but ? Mettre en place une gouvernance partagée autour du projet sur la base d’un plan d’actions 2018-2020.

Parole d’usager : Albert Cessieux, administrateur de l’AF3V

« Cela fait longtemps que l’AF3V travaille sur ces itinéraires et nous sommes très satisfaits de les voir se mettre en forme. Ils sont utilisés en grande partie par les locaux. Comme je le dis souvent, ce sont ceux qui habitent à moins de 5 km des itinéraires qui représentent la majorité des usagers. Grace à cette continuité, les déplacements au quotidien vont pouvoir augmenter. Nous n’en oublions pas pour autant l’aspect touristique et les retombées économiques qui en découlent. On dit souvent que les itinéraires à vélo c’est le tourisme, mais pas que ! Le vélo est avant tout un moyen de déplacement. À cet égard les mentalités doivent évoluer. L’AF3V
salue l’avancée des travaux sur ces itinéraires, et met en garde contre l’oubli ou l’abstraction des variantes et boucles à proximité de l’itinéraire. S’il est important d’assurer en premier lieu une continuité du tracé principal, il ne faut pas négliger les boucles ni l’amélioration des sections qui existent déjà. Meilleur sera l’itinéraire, meilleure sera sa fréquentation. »

Théo Vintaer

La revue Vélo & Territoires