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Place au bilan, un an après l’annonce du Plan vélo

Salle comble pour le premier anniversaire du Plan vélo à Angers, ville où celui-ci avait été annoncé par le Premier Ministre. Il ne fait aucun doute que les territoires français, quelle que soit leur taille, manifestent une forte appétence pour le vélo. Les collectivités saisissent-elles les financements débloqués dans le cadre du Plan vélo ? Ce dernier renforce-t-il les territoires dans leurs actions ?  La table ronde d’ouverture des 23es Rencontres Vélo & Territoires proposait justement, de dresser un premier bilan.

Satisfaction partagée   

« Ce Plan vélo reconnaît incontestablement le travail des territoires » introduit la présidente de Vélo & Territoires, Chrystelle Beurrier, qui se réjouit de voir que « tous les territoires sont au travail ». Une satisfaction complétée par l’inscription du Schéma national des véloroutes dans la dernière version de la Loi d’orientation des mobilités (LOM), au sortir de l’Assemblée Nationale, pour laquelle le réseau a fortement plaidé la cause en tant que schéma de « référence » pour la mobilité active du quotidien. Les mesures annoncées sont également saluées par Olivier Schneider, président de la FUB : « C’est le Plan vélo national le plus ambitieux et, surtout, avec un financement dédié de l’État via l’AFITF ». Les territoires au travail ont su saisir ces opportunités de financements. « L’appel à projets Vélo & Territoires a été lancé en 2018 dans le cadre du Plan vélo. On ne s’attendait pas avoir autant de succès puisqu’il y a eu 343 candidatures » confirme Marie Christine Prémartin, directrice exécutive de l’expertise et des programmes de l’Ademe. « Au niveau financier, un programme de Certificats d’Économie d’Énergie (CEE) a permis de rajouter 13 millions d’euros. Au total, c’est un peu plus de 15 millions alloués à l’ensemble des 227 lauréats contre les 2 millions que nous avions budgétés initialement ». Les territoires lauréats de l’appel à projets regroupent environ 16 millions d’habitants.

Table ronde 23es Rencontres Vélo & Territoires ©studioah

Le Plan vélo : des enjeux financiers mais pas seulement      

La question des budgets alloués et financements disponibles est au cœur des questions. Mais pour Christophe Béchu, le président de l’AFITF, « ce serait une erreur de penser que le Plan vélo n’est qu’une histoire d’argent et ce n’est que à l’AFITF d’intervenir. Ce Plan répond à tous les aspects culturels : de l’éducation à l’encouragement des employeurs privés. » Et d’ajouter : « Les collectivités n’ont pas attendu qu’il y ait des aides pour s’engager ». L’effet de levier de ces financements est intéressant car « les 50 millions mis au titre de l’agence ont un taux de subvention entre 20 et 40 %. Autrement dit, 60 à 80 % sont investis par les collectivités au titre de leurs plans communaux, intercommunaux, départementaux et régionaux ». Thierry du Crest, nouvellement nommé coordinateur interministériel du vélo, promeut une vision plus large du Plan vélo : « Il ne faut pas réduire le Plan vélo à l’appel à projets continuités cyclables doté de 50 millions d’euros par an. L’objectif est de travailler sur l’ensemble du système vélo », citant par exemple la lutte contre le vol de vélos par l’identification et la numérotation des vélos vendus, ainsi que le travail sur le savoir rouler.

Prochains tours de roue du Plan vélo   

Qui dit Plan vélo, dit également LOM dont le gros enjeu est « la question de la gouvernance des mobilités » pour Roch Brancour, vice-président de la région Pays de la Loire. « La LOM confie aux régions un rôle de chef de filât mais elle met beaucoup d’attentes sur les épaules des EPCI. » La question de la gouvernance se trouve également au cœur du schéma des mobilités que la région Pays de la Loire élabore actuellement. L’objectif ? Intégrer toutes les mobilités, « afin de ne pas raisonner sur les modes de transport en silo. » Et d’expliquer : « Nous devons avoir une approche de l’intermodalité pour mettre en cohérence les infrastructures vélo avec les autres offres de transport dans une gouvernance cohérente et partagée ». Les 523 réponses reçues dans le cadre de l’Enquête Territoires 2019, menée par Vélo & Territoires, confirme l’importance de l’engagement des territoires sur le vélo. Les premiers résultats annoncés par Chrystelle Beurrier lors de la table ronde des 23es Rencontres du réseau démontrent un doublement des investissements vélo par habitant, l’augmentation des ressources humaines ou encore le renforcement des équipes en ingénierie. « Du jamais vu ! Les réponses obtenues couvrent 30 % de la totalité des EPCI » se réjouit la présidente de Vélo & Territoires. « Cette matière inédite permettra de mieux cibler les actions primordiales pour réaliser l’objectif premier du Plan vélo : tripler la part modale du vélo dans les déplacements quotidiens pour atteindre 9 % en 2024. »

Aurélia Hild

Politiques cyclables