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Quand le développement du vélo rime avec l’électricité

Des bornes de recharge aux revêtements photovoltaïques, en passant par les points Wifi et le marché du VAE, la place et l’apport de l’électricité dans le secteur du vélo sont notables et conduisent les entreprises et collectivités à innover. Quelles sont les nouvelles solutions dans le domaine ? Quels retours d’expériences de la part des entreprises mais aussi des collectivités ? Morceaux choisis de l’atelier « Energie & vélo » des 23es Rencontres Vélo & Territoires.

Borne de de recharge VAE en Anjou ©SIEML

Développer un réseau de services grâce à des points de recharge

« Pour présenter notre offre, j’aime illustrer les besoins à l’exemple des autoroutes : le long des autoroutes, il existe de nombreuses aires pour faire une pause ; le long des véloroutes, ce devrait être la même chose ». Pour faire vivre un itinéraire, le développement de services connexes est primordial et Frédéric Bonin de la société Urbik l’a bien compris. La solution déployée ? Des points de recharge et de services connectés complètement autonomes le long des véloroutes. Alimentés par l’énergie photovoltaïque, ces points de recharge présentent des avantages en termes de déploiement : « Ce système léger peut être déployé là où on veut. Il est facilement déplaçable en fonction des besoins du territoire ». Recharges pour VAE mais également RIS (Relais Informations Service), et points d’accès Wifi sont disponibles grâce à cette infrastructure qui coûte entre 15 000 et 20 000 euros.
Anjou Tourisme, pour sa part, mise sur le déploiement d’un réseau de bornes de recharge pour VAE.  Développées avec le Syndicat intercommunal d’énergie de Maine-et-Loire, les onze stations en projet sur La Loire à Vélo et La Vélo Francette se présentent sous la forme de quatre casiers dans des armoires. Quel retour d’expériences sur le déploiement de ces bornes ? « Nous avons réalisé un diagnostic de chaque implantation. Les cyclistes sont globalement satisfaits mais il ressort qu’il n’y a pas toujours de jalonnement annonçant le service et que la communication sur le sujet est parfois manquante ou tardive. Lors de l’implantation, il faudrait également prendre en compte les établissements marqués Accueil Vélo qui proposent déjà ce service » témoigne Nathalie Ferrand-Stip d’Anjou Tourisme. Elle recommande également aux collectivités de mettre en place un suivi pour évaluer l’utilisation de ce service. Et de compléter : « L’idéal serait de proposer un panel de différents services en y associant une offre de consignes de bagages ».

Le marché du VAE : l’adaptation permanente

La croissance du marché du VAE et son potentiel pour le développement du vélo utilitaire et touristique ont été soulignés de nombreuses fois durant les 23es Rencontres Vélo & Territoires. « La demande pour le VAE est en forte augmentation mais c’est le VTTAE qui progresse le plus » souligne Etienne Grodard, président de Stations BEES, qui a développé un réseau de location de VAE implanté dans le Sud-Est. La particularité du système ? Le réseau est déployé en stations fixes avec une activité annuelle de vente, service et location mais également en stations mobiles qui proposent un service touristique saisonnier de location. Cyril Perrault de Bosch E Bike Systems précise que « cette croissance moyenne du marché de VAE de 30 % en Europe fait face à deux défis : la capacité actuelle des batteries relativement limitée et l’absence de standard européen pour les prises de recharge ». Au regard de ce contexte, Bosch a déployé un réseau gratuit de 240 points de recharge « qui permettent aux utilisateurs de vélos Bosch de se déplacer sans transporter leur chargeur ». Ce réseau s’est développé en premier lieu « dans les régions touristiques montagneuses par nécessité technique ».

Marquage LuminoKrom à Pessac en Gironde

Revêtements photovoltaïques et luminescents : une réponse technique à des enjeux locaux

Des entreprises du secteur du BTP comme Charier et Wattway by Colas développent des revêtements photovoltaïques pour alimenter directement en électricité les infrastructures à proximité d’un itinéraire cyclable. « L’idée est de donner de nouvelles fonctions à la route et à la voirie et d’utiliser les surfaces disponibles pour produire de l’énergie » explique Valéry Ferber de l’entreprise Charier. Un avis partagé par Martial Géry de Wattway : « La piste cyclable est un support pertinent pour le photovoltaïque ».  Quelle intégration et quel effet sur les usages ? « Wattway mène actuellement une étude comportementale pour mieux cerner les usages et développer la pédagogie autour de cette innovation avec des outils d’information. » Développer la visibilité même sans électricité, c’est le pari d’Olikrom. Son produit phare est la peinture luminescente Luminokrom, inspirée du « système des étoiles luminescentes au plafond » témoigne Jean-François Létard, directeur et fondateur de la société bordelaise. Et d’ajouter : « La peinture ne crée pas de lumière, elle guide et amplifie le marquage ». Environ quatre fois plus cher qu’une peinture blanche classique, cette innovation est particulièrement intéressante pour les « zones accidentogènes et rurales puisque cela permet d’assurer un éclairage en continu quand les communes coupent l’électricité durant la nuit ». Le vélo est décidément un secteur qui profite à et de l’innovation.

Aurélia Hild

En savoir plus :

Diaporama de l’atelier « Energie et vélo » (réservé aux adhérents)

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