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Le Maine-et-Loire, territoire cyclable

Hôte à venir des 23es Rencontres Vélo & Territoires en 2019, le département de Maine-et-Loire est, de par son histoire, sa situation géographique et son investissement dans la thématique vélo, un incontournable qui entend prendre le pouls de l’époque sur ce sujet.

Entretien avec Gilles Piton, conseiller départemental et vice-président de Vélo & Territoires.

 

En 2019, le Maine-et-Loire accueillera les Rencontres annuelles de Vélo & Territoires. Que représente pour vous l’organisation d’un tel événement ?
L’organisation de ces 23es Rencontres Vélo & Territoires confirme la belle dynamique qui est la nôtre en matière cyclable. Notre territoire comporte aujourd’hui plus de 700 km d’itinéraires et une politique avérée du vélo, dont La Loire à Vélo® et La Vélo Francette® sont les têtes de pont. Ces réalisations stimulent notre politique actuelle avec des perspectives notamment sur la thématique domicile-travail, la médiatisation, etc. Avec le relais assuré par les initiatives locales, la poursuite du maillage du réseau d’itinéraires, l’Anjou se confirme comme une destination cyclable majeure sur le plan national, et ces Rencontres seront l’occasion de le rappeler.

Vous êtes un ardent défenseur des boucles cyclables…
Je crois en effet beaucoup à la pertinence de ces circuits de 20 à 25 km pour maintenir le tourisme à vélo sur le territoire car un touriste à vélo, sur l’itinéraire de La Loire à Vélo®, c’est en moyenne 80 € de dépenses par jour. L’étude sur la fréquentation et les retombées économiques, réalisée par les régions Centre-Val de Loire et Pays de la Loire, avait mis en évidence l’attente d’une clientèle voulant séjourner en Anjou et recherchant à pratiquer le vélo « en marguerite », à partir de leur site d’hébergement. Dans cet ordre d’idées, les collectivités ont engagé le maillage d’un ensemble de boucles cyclables s’appuyant sur les itinéraires structurants et emblématiques. Trois nouvelles boucles ont été mises en service dans le Baugeois au printemps 2018 et de nombreuses réflexions sont par ailleurs engagées pour la création de nouvelles boucles autour de Montreuil-Bellay, de Durtal et de Champtoceaux ; une liaison entre la vallée de la Loire et le Choletais est également à l’étude. De son côté, Angers Loire Métropole, carrefour de ces « têtes de ponts », a engagé un travail important de maillage des différents itinéraires de façon à composer des boucles. Une première section a été réalisée entre le pont ferroviaire de Segré et Montreuil-Juigné. Elle a été mise en service durant l’été 2017.

La Fête du vélo est un événement qui vous tient aussi particulièrement à coeur…
Oui car avec près de 20 000 participants selon les éditions et un quart de participants en provenance des départements limitrophes, la Fête du vélo en Anjou reste l’un des principaux événements vélo-loisirs sur le plan national. À ce sujet, le Département a initié en 2018 un nouveau format, avec une alternance entre les rives Est et Ouest une année sur deux. Organisée entre Bouchemaine et Saint-Florent-le- Vieil en 2018, l’édition 2019 portera sur la section reliant Bouchemaine à Montsoreau. C’est une solution de consensus, qui tient compte des voeux du plus grand nombre mais aussi de nos contraintes en matière de sécurité et de bénévoles mobilisés. De surcroît cela nous permet d’articuler cet événement au mieux avec Anjou Vélo Vintage, une autre date importante du calendrier du début de l’été. Initié par le Département, Anjou Vélo Vintage est désormais porté par la ville et la communauté d’agglomération de Saumur Val de Loire avec un succès qui ne se dément pas d’année en année puisqu’il était question cette année de 8 300 touristes à vélo et de 40 000 visiteurs. Ajoutez à cela notre participation à l’animation de l’étape contre-la-montre par équipes du 105e Tour de France, le 9 juillet 2018 à Cholet… En matière de vélo, l’Anjou est là.

Entretien avec Bertrand Richard, chef de service tourisme du Département.

 

Vélo & Territoires avait effectué un premier zoom sur la politique cyclable du département de Maineet- Loire, à l’occasion de notre n°27 en 2011. Sept ans plus tard, où en sommes-nous ?
L’Anjou s’affirme comme une destination cyclable majeure au plan national tant pour les itinérants que pour la clientèle de séjour. Notre territoire compte aujourd’hui plus de 700 km d’itinéraires cyclables, dont 400 ont été ouverts depuis 2009, avec une maîtrise d’ouvrage de plus en plus assumée par les EPCI. Au printemps 2018, ces mêmes collectivités ont mis en service de nouvelles boucles et sections d’itinéraires. En tout, durant la période 2009-2017, le Département a oeuvré sur trois plans. D’abord en consacrant 3,5 millions d’euros de travaux pour l’aménagement d’itinéraires cyclables en maîtrise d’ouvrage départementale. Ensuite en soutenant à hauteur de 250 000 € la réalisation d’itinéraires cyclables par les EPCI. Enfin en développant une ingénierie de conseil technique auprès de ces mêmes collectivités.

Quelles ont été les principales suites données au schéma départemental cyclable 2009-2015 de l’Anjou ?
Notre volonté de conduire une véritable politique du tourisme à vélo, rappelée dans le Schéma 2009, a été confirmée en 2012 avec l’approbation, par l’Assemblée départementale, du PDESI (Plan départemental des espaces, sites et itinéraires). Ce plan est axé sur les itinérances, et l’une de ses disciplines phares est le vélo-loisirs-tourisme. Cette orientation a été récemment reprise dans le cadre du projet de mandature « Anjou 2021 – Réinventons l’avenir ». Les itinérances constituent l’un des deux axes majeurs de la politique touristique du Département pour les prochaines années. L’itinérance à vélo occupe également une place importante dans le nouveau Schéma départemental de développement touristique adopté en février 2018 pour la période 2018-2021.

Qu’en est-il des itinéraires nationaux et européens qui traversent le territoire ?
Quatre grands itinéraires traversent effectivement l’Anjou. Le premier est européen : l’EuroVelo 6,
dont La Loire à Vélo® constitue un maillon. Les trois autres sont nationaux : La Vélo Francette® (V43), qui relie Ouistreham à La Rochelle ; La Vallée du Loir à Vélo (V47) ; et la V44 qui va d’Alençon à Saumur. L’ensemble de ces itinéraires est actuellement opérationnel à deux exceptions près. La première concerne une section de la V44 entre Cuon et Saumur, et la seconde La Vallée du Loir à Vélo entre Villevêque et Angers. Pour ces deux derniers itinéraires, des connexions devraient être prochainement assurées.

Que faut-il encore réaliser sur un itinéraire comme La Loire à Vélo® ?
En tant que maître d’ouvrage, le Département a finalisé en 2014 l’itinéraire principal de La Loire à Vélo®. L’enjeu à présent est de renforcer ponctuellement la sécurisation et de poursuivre l’itinéraire alternatif en rive droite entre Les Rosiers et La Daguenière. C’est ainsi que l’aménagement sécuritaire du Grand Bras à Saint-Georges-sur-Loire a été mis en service en 2017 et qu’une nouvelle section devrait être prochainement aménagée en rive droite de la Loire, au plus
près du fleuve, entre La Ménitré et Saint-Mathurin.

Un mot peut-être sur l’état d’avancement de La Vélo Francette® ?
En 2009, le Département a repris la maîtrise d’ouvrage des itinéraires en attente de raccordement dans les départements voisins, à savoir le chemin de halage de la Mayenne et le Thouet à Vélo. Tous deux font partie de La Vélo Francette®, un itinéraire de plus de 600 km inscrit au Schéma national vélo, qui relie la Normandie à l’Atlantique en traversant l’Anjou sur plus de 140 km. Depuis 2010, différentes sections ont été mises en service entre Angers et Le Lion d’Angers. La finalisation de cette portion devrait intervenir à l’automne 2018. Seul un dernier maillon de 2,6 km entre Chambellay et Montreuil-sur-Maine sera encore en attente en raison de difficultés d’appropriation.

Tout ceci demande un travail considérable de concertation…
Tout à fait. Pour garantir le succès de cet itinéraire, assurer la cohérence des aménagements et développer la promotion, l’ensemble des collectivités traversées ainsi que leurs partenaires comme les agences départementales touristiques (ADT), les offices de tourisme et les grandes agglomérations se sont regroupés au sein d’un comité d’itinéraire.

Comment cela se passe, concrètement ?
Le pilotage de cette structure est assuré par un chargé de mission de l’ADT des Deux-Sèvres. Chacun des partenaires apporte une participation financière, le budget annuel s’élevant à 90 000 €. Ce budget et le plan d’actions afférent sont validés chaque année par un comité de pilotage composé d’élus représentant chacune des collectivités et partenaires concernés, assistés par leurs techniciens. La première phase de coordination a permis l’ouverture officielle de l’itinéraire en 2015 ainsi que la mise en place d’une stratégie marketing autour de la marque La Vélo Francette®.

Une stratégie qui porte déjà ses fruits…
En effet. Ce travail collectif a permis d’obtenir début 2017, au salon Fiets en Wandelbeurs aux Pays-Bas, le prix de la meilleure véloroute 2017. De plus, la Fédération française de cyclotourisme a décerné à La Vélo Francette® le trophée de l’Itinéraire 2018. Un guide Ouest France est par ailleurs paru en avril 2016 et a fait l’objet d’une 2e réédition au printemps 2018, tandis qu’un guide Chamina a été édité en février 2018… Outre le renforcement de la visibilité de l’itinéraire, sa mise
en marché et le déploiement des services, son succès sera conforté par le développement du maillage d’itinéraires cyclables venant soit se raccorder soit s’appuyer sur La Vélo Francette®.

Vous évoquiez également La Vallée du Loir à Vélo…
La Vallée du Loir à Vélo relie les sources du Loir, près d’Illiers-Combray en Eure-et-Loir, à Angers,
soit plus de 320 km d’itinérance. À ce jour, l’itinéraire est réalisé à plus de 90 %. Angers Loire Métropole étudie par ailleurs une connexion entre Villevêque et Angers, qui viendra finaliser l’itinéraire de La Vallée du Loir à Vélo. La Vallée du Loir à Vélo proposera également de nouvelles boucles en s’appuyant sur La Loire à Vélo® et sur la V44, et offrira des connexions avec La Vélo Francette®. Une réflexion est d’ores et déjà engagée sur la mise en place d’un comité d’itinéraire pour valoriser, structurer les services et promouvoir La Vallée du Loir à Vélo.

Qu’en est-il de la V44 reliant Alençon à Saumur, justement ?
Elle est réalisée pour les trois quarts, ce qui permettra à terme de relier La Véloscénie à La Loire à
Vélo®. Elle comprend de belles sections en voie verte, réalisées sur l’emprise d’une ancienne voie
ferrée entre La Flèche et Cuon. Sa finalisation devrait intervenir pour la saison 2019 sous maîtrise d’ouvrage de Saumur Val de Loire. À noter par ailleurs que le département de la Sarthe étudie la requalification d’une section véloroute sarthoise en reconvertissant une ancienne voie ferrée en voie verte.

Quelles tendances se dégagent des dernières études de fréquentation ?
En 2017, sur La Loire à Vélo®, 59 000 passages ont été enregistrés à Montsoreau et plus de 38 000 à Saint-Florent-le-Vieil. Sur La Vélo Francette®, plus de 14 000 passages ont été relevés à Montreuil-sur- Maine, et la tendance est à la hausse. Par ailleurs l’étude de retombées économiques sur La Loire à Vélo® réalisée en 2010 par les régions Centre et Pays de la Loire, et actualisée en 2015, évalue entre 20 000 € et 50 000 € les retombées annuelles par kilomètre aménagé. Ainsi, le vélo devient un véritable levier d’activité pour les acteurs touristiques des communes traversées, tant auprès des touristes que des Angevins.

Qu’en est-il en matière d’intermodalité ?
Avec la mise en place par les régions Pays de la Loire et Centre-Val de Loire d’un nouveau matériel
ferroviaire Interloire en juin 2018, le transport des vélos et l’intermodalité train/vélo se trouvent
grandement facilités sur l’itinéraire de La Loire à Vélo®. De nouvelles solutions restent néanmoins
à imaginer pour développer l’intermodalité sur d’autres grands itinéraires.

Enfin, où en êtes-vous de la promotion de l’offre cyclable sur le territoire ?
Anjou Tourisme assure une communication de l’offre vélo sur ses supports papier. En 2018, le magazine Anjou Expériences a ainsi été tiré à 120 000 exemplaires. À cela s’ajoute 100 000 exemplaires d’une carte vélo spécifique éditée par Anjou Tourisme qui met en avant des propositions de boucles praticables à vélo avec douze « échappées belles » imaginées sur la base du réseau cyclable. L’ensemble de l’offre cyclable départementale est également valorisé sur
le site www.anjou-tourisme.com/balades. Par ailleurs France Vélo Tourisme valorise sur son portail www.francevelotourisme.com les itinéraires nationaux et les destinations cyclables, dont une part importante des itinéraires des Pays de la Loire ainsi que les services qualifiés : La Loire à Vélo®, La Vélo Francette®, la section sarthoise de la V44… L’agence régionale Pays de la Loire à travers ses différents supports participe à la promotion des itinéraires cyclables. Enfin, Anjou Tourisme déploie la marque Accueil Vélo le long des itinéraires cyclables. Plus de 200 partenaires, hébergements, sites de visite, loueurs, réparateurs et offices de tourisme offrent des services adaptés à la clientèle cycliste.

En savoir plus :
www.maine-et-loire.fr
www.anjou-tourisme.com

Tourisme fluvestre

Parmi les chantiers parallèles au Schéma départemental cyclable figure un appel à
projets lancé au début de l’été 2018 par le Département pour redynamiser quatre des treize maisons éclusières dont il a la propriété le long de la Mayenne et de l’Oudon. Actuellement inhabitées, celles-ci pourront être aménagées à leur guise d’ici juin 2019. Un enjeu non négligeable pour les acteurs du vélo compte tenu de la
proximité de ces maisons avec deux itinéraires phares traversant le Maine-et-Loire : La Vélo Francette® et La Loire à Vélo®.


Group’AVélo

Trois questions à Olivier Bernard, directeur du Château de la Turmelière à Liré- Vacances Pour Tous et référent du projet Group’AVélo à l’UNAT (Union nationale des associations de tourisme et de plein air).

Destiné à des groupes de 10 à 80 personnes (scolaires, colonies de vacances, centres de
loisirs, centres spécialisés, clubs, entreprises…) Group’AVélo est, de l’aveu de son directeur,
« le premier réseau structuré d’hébergements à destination des groupes de touristes à vélo en
France ». Explications.

En quoi consiste exactement le projet Group’AVélo ?
Group’AVélo est composé à ce jour de treize hébergements, tous marqués Accueil Vélo et situés sur les itinéraires de La Loire à Vélo® et La Vélodyssée. Le réseau est porté par l’UNAT Pays de la Loire, tête de réseau du tourisme associatif. Group’AVélo propose une offre touristique solidaire et de proximité pour les groupes de touristes à vélo qui souhaitent voyager « léger ». Cette offre comprend une tarification unique et accessible, un même niveau de services avec des
formules tout compris dans un réseau d’hébergements du tourisme social et solidaire. Le souhait
est de rendre ce mode de voyage écologique et cette expérience à la fois unique à vivre et accessible au plus grand nombre. La constitution de séjours pour les groupes de touristes à vélo est ainsi facilitée, via une possibilité de voyager léger avec une mise en réseau des hébergements étapes, des partenariats avec des loueurs de vélo ou des transporteurs de bagages, une mise en relation avec des sites de visite marqués Accueil Vélo le long des parcours, etc.

Quels effets a eu la politique cyclable du département de Maine-et-Loire sur le développement de cette activité ?
La politique cyclable du Département favorise largement le développement d’un réseau vélo
loisirs grâce à des critères d’éligibilité exigeants et normés. Ainsi, lors de notre création en 2014, nous avons tout de suite bénéficié d’une aide à la structuration grâce en partie à l’implication de Nathalie Ferrand-Stip, chargée de mission tourisme actif et itinérant. Cet accompagnement a notamment porté sur la connaissance de la qualité des itinéraires, la labellisation Accueil Vélo de l’ensemble de nos hébergements ou l’aide à la promotion (participation à des salons, présence sur des cartes, Fête du vélo…). Les conseils apportés par l’équipe d’Anjou Tourisme ont été précieux puisque, par exemple, le nom du réseau est une idée de Rodolphe Ligonnière, chargé d’action marketing et partenariat.

Que faut-il encore améliorer pour ancrer davantage votre activité ?
Le levier principal est selon moi une meilleure communication, qui laissera entrevoir une croissance exponentielle de la fréquentation sur le réseau. L’extension du nombre d’hébergements mais aussi les interactions avec eux seront un atout important. Dans le même ordre d’idées, le renforcement des partenariats engagés et le développement de nouveaux est un enjeu. Je pense par exemple à la création de boucles vélo entre et autour des hébergements, grâce à une application sur smartphone ou tablette. Le but sera d’orienter les groupes vers des sites de visite partenaires pour agrémenter les parcours avec des entrées thématiques. De la même manière, le travail avec les agences de voyage spécialisées permettra aussi à certains groupes de bénéficier d’une offre « clé en main ». Nous travaillons également sur la mise en place de séjours pour les collégiens sur l’ensemble du réseau pour « vivre mais surtout faire ensemble », en favorisant le lien entre déplacements doux et empreinte écologique, le sport et la santé, la sécurité routière,  cohésion de groupe en début d’année, la pédagogie de projet, l’entretien des vélos… Ainsi, le retour d’expériences à diffuser, voire la constitution de fiches méthodologiques ciblant différents types de groupes permettront de démultiplier les initiatives pour tenter l’aventure avec Group’AVélo.

En savoir plus : www.groupavelo.fr

Mise en place d’un réseau de bornes de recharge pour VAE

Sollicité par les communes traversées par La Loire à Vélo® et La Vélo Francette®, le Siéml (Syndicat intercommunal d’énergies de Maine-et-Loire) a décidé début février d’installer trente bornes de recharge pour VAE, principalement le long des deux itinéraires précités et exclusivement sur des sites à proximité immédiate du réseau électrique. Le déploiement de ces trente bornes est estimé à 240 000 € TTC, ce coût étant supporté à hauteur de 50 % par le Siéml, de 25 % par les communes et de 25 % par la Région.

Propos recueillis par Anthony Diao

Vélo & Territoires, la revue