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La Véloscénie : « l’itinéraire grand spectacle » se renforce

La coordination de La Véloscénie à Manche Tourisme revient sur le dernier comité de pilotage de l’itinéraire Paris<>le Mont-Saint-Michel pour les DRC. Point d’étape sur le plan d’action, les nouveautés et les thèmes phares de cette véloroute en pleine croissance. Interview.

DRC :  Quels sont les partenaires de La Véloscénie pour la nouvelle période 2015-2018 ?

Manche Tourisme : Parmi les 24 participants au comité de pilotage, le 24 novembre, nous avons eu la chance de bénéficier de la présence de Peggy Cochat, vice-présidente de la Communauté de communes d’Avranches Mont-Saint-Michel qui a annoncé leur arrivée dans le partenariat 2015-2018 de La Véloscénie. Ce partenaire rejoint les Communautés de communes de Limours (91) et de Saint-Hilaire-du-Harcouët (50). La Mairie de Paris et le Département de l’Essonne sont venus grossir les rangs de nos partenaires franciliens qui étaient représentés, jusqu’à présent, par la Région Île-de-France et le Département des Yvelines uniquement. Nous avons à présent 15 partenaires financeurs pour la période 2015-2018 pour un budget annuel de 94000€. Celui-ci finance la coordination du comité d’itinéraire et les actions de promotion, de commercialisation et d’observation. Nous sommes conscients de la fragilité des choses, mais le partenariat pour La Véloscénie est globalement renforcé.

Le comité d’itinéraire de La Véloscénie associe des PNR, quelle est leur vision ?

Aujourd’hui, nous avons deux Parcs naturels régionaux comme partenaires financeurs, bientôt trois si tout va bien. Les Parcs sont très actifs techniquement aux travaux du comité d’itinéraire et intéressés par la démarche. Financièrement, leur participation est forfaitaire et moins importante que celle des collectivités territoriales. A ce propos, nous sommes en redéfinition du montant des contributions et avons choisi de revenir sur des participations forfaitaires fixes annuelles au lieu du prorata au nombre de kilomètres qui était devenu trop complexe à gérer.

Sur les actions votées sur 2015-2018, vous mentionnez plusieurs volets. Côté observation, comment cela se matérialise-t-il ?

Entre 2015 et 2018, nous avons décidé que l’achat et la pose des compteurs restera à la charge des aménageurs et prévoyons une enquête qualitative qui, elle, entrera dans le giron du comité d’itinéraire. L’idée est de mener l’enquête en saison 2017, ce qui suppose que les partenaires installent des compteurs courant 2016. L’Eure-et-Loir a déjà prévu d’entamer cette démarche et un nouveau compteur a été posé dans la Manche en 2015. Jusqu’à aujourd’hui, nous n’avons que très peu de données à l’échelle de l’itinéraire.

Côté promotion, comment cela va-t-il se traduire concrètement ?

A travers plusieurs actions, car la majorité du budget commun est fléché sur les actions de promotion. Nous avons un premier objectif de prospection d’un guide en langue anglaise. Nous avons  ensuite tout le volet relations presse. Notre intention est de communiquer sur nos nouveautés auprès de la presse professionnelle du tourisme au niveau national, mais aussi à l’étranger en nous appuyant sur les CRT partenaires notamment. Nous souhaitons aussi toucher la presse grand public et y être plus présents. Cela passera par des communiqués de presse plus réguliers et le fait de développer un réseau d’ « influenceurs » de type blogueurs par exemple.

Et en quoi va consister votre action sur la commercialisation ?

Nous montons une opération pour lancer la mise en marché de La Véloscénie afin de la faire commercialiser par des tours opérateurs (TO). En première phase, nous rencontrons des TO lors de salons professionnels en France, en Angleterre et aux Pays-Bas, en direct ou indirectement via nos partenaires. Nous y diffusons des fiches produits, sorte de « carnets de route » adaptés aux TO. A cette occasion, nous les invitons à venir et les sensibilisons à l’itinéraire. En deuxième phase, nous passons en « opération séduction » de ces mêmes TO en leur proposant un Educ-Tour pendant 4 à 5 jours sur La Véloscénie, comprenant la participation au grand départ du Tour de France 2016. La troisième phase, elle, consiste dans l’organisation d’accueils pour répondre aux demandes individuelles des TO et accompagner leur mise en produit de La Véloscénie.

Comment valoriser La Véloscénie au travers du Tour de France justement ?

En 2016, trois étapes du Tour de France se déroulent ou débutent dans la Manche : celle du Mont-Saint-Michel à Utah Beach, celle de Saint-Lô à Cherbourg et celle au départ de Granville. Nous souhaitons capitaliser sur cet évènement international pour faire parler de La Véloscénie et la médiatiser dans la presse locale et nationale. L’action vise à la fois les TO et le grand public. Cela se traduira par des actions presse spécifiques et par l’organisation d’un « événement La Véloscénie » (dont les contours restent à définir) qui partirait lui aussi du Mont-Saint-Michel concomitamment au Tour de France pour rallier Paris.

Des nouveautés annoncées lors de ce comité de pilotage 2015 ?

Sur le volet infrastructure, une annonce forte est celle du jalonnement de trois étapes dans les Yvelines sur 48 km : Jouy-en-Josas<>Versailles, Versailles<>St-Rémy-Lès-Chevreuse et Saint-Rémy-Lès-Chevreuse<>Rambouillet (jusqu’à la jonction avec l’Eure-et-Loir). La signalisation est continue sur l’intégralité de la variante nord des Yvelines, ce qui porte le total des réalisations à 68 km d’itinéraires « La Véloscénie » en Yvelines.

Quels sont les principaux défis à relever au cours des trois prochaines années pour le comité d’itinéraire de La Véloscénie ?

Nous n’avons pas affaire à un manque de volonté, mais à un manque de ressources. Le contexte des coupes budgétaires des collectivités fait que les effectifs sont réduits, ce qui signifie une baisse de disponibilité de nos partenaires, ainsi que des moyens. Il nous faut fédérer autours d’actions fortes, d’où un plan d’action ambitieux. Cela passe par les actions commerciales et promotionnelles à des moments forts. La quête de visibilité permettra de toucher la presse nationale, locale et les élus locaux. Nous espérons pouvoir procéder à des inaugurations des nouvelles étapes en Yvelines, pour valoriser leur travail et encourager leur participation à nos travaux. Nous comptons également vivement sur la présence d’un représentant de chacun de nos partenaires à la soirée de gala du grand départ du Tour de France. Les relations presse sont très importantes à cet égard.  Pour nous y aider, nous allons orienter une nouvelle campagne photo pour nous appuyer davantage sur les paysages du parcours et les grands sites qui le jalonnent.

Les sites et la culture sont une des valeurs clés de La Véloscénie « itinéraire grand spectacle ». Pouvez-vous nous en dire plus ?

Nous avons un positionnement identitaire autour de la notion d’« itinéraire grand spectacle » via les châteaux et les 5 sites inscrits à l’Unesco qui jalonnent l’itinéraire. Le Centre des monuments nationaux nous a proposé un partenariat pour pouvoir inciter les cyclotouristes à aller visiter les monuments que sont le domaine du Château de Rambouillet, le Château de Carrouges dans l’Orne, les Tours de la Cathédrale de Chartres et l’Abbaye du Mont-Saint-Michel. Le principe est de remettre une contremarque aux cyclistes qui paient plein tarif leur première entrée et bénéficient d’un tarif préférentiel dans les établissements ensuite. C’est un très beau projet de partenariat gagnant-gagnant qui fera le lien avec ces 4 sites dont l’actualité est importante. Inversement, les monuments pourront inciter à une mobilité et un tourisme doux sur La Véloscénie… et pourquoi pas les faire adhérer à la démarche Accueil Vélo ?

Justement sur Accueil Vélo et les services, où en êtes-vous autours de La Véloscénie ? Le stationnement vélo est-il disponible dans ces 4 sites par exemple ?

Oui, le stationnement est possible sur ces sites ou à proximité. Notre CoTech infrastructures travaille sur une fiche consacrée aux haltes (aires de pique-nique, points d’eau, toilettes, RIS, arceaux vélo, etc.) et a procédé à un recensement de l’existant et à un diagnostic des manques. A partir de cela, nous souhaitons sensibiliser les maîtres d’ouvrage locaux aux besoins des cyclistes (obligatoires ou facultatifs) et les inviter à améliorer l’existant. Le recensement est fait, les recommandations sont en cours.

Et pour ce qui est du déploiement d’Accueil Vélo ?

En dehors de Paris et de l’Essonne, nous avons 91 établissements labellisés Accueil Vélo autours de La Véloscénie à l’heure actuelle, dont 67 hébergements et la majorité des offices de tourisme. Le CRT Île-de-France devrait signer une convention de pilotage pour prendre en charge le déploiement d’Accueil Vélo sur l’ensemble du schéma régional, à l’instar de ce qui se passe en régions Centre-Val de Loire et Basse-Normandie. Pour favoriser l’appropriation de l’itinéraire par les locaux, nous souhaitons remobiliser les prestataires Accueil Vélo et en faire des ambassadeurs. Pour cela, nous prévoyons des cycles d’Educ-Tours et créerons des petits goodies à l’effigie de La Véloscénie à distribuer aux touristes. La réunion des évaluateurs Accueil Vélo organisée par le Rn2D en juillet nous a beaucoup aidés à définir le périmètre de cette action et convaincus de favoriser des réunions locales.

Propos recueillis par Camille Thomé

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