Vélo & Territoires

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La publication d’un Routard annoncée pour le début de saison, +36% de fréquentation du site web, un itinéraire réalisé à 98%, la section la plus complète de l’EuroVelo 1 au niveau européen,… La Vélodyssée, EuroVelo 1 en France, trace sa route et entame sa 6ème année de travail en « comité d’itinéraire ». Le secret ? Du travail, de l’engagement, un collectif et tout un état d’esprit. La coordinatrice du projet, Sabine Andrieu, revient sur le dernier comité de pilotage de La Vélodyssée qui s’est tenu à Capbreton à l’invitation du Département des Landes.

Le CoPil du 22 mars donne l’impression d’une gouvernance très structurée. Comment s’est passé ce rendez-vous important ?

Ce CoPil s’est très bien passé au point de finir 1h avant le timing prévu. Une performance ! Nous sommes parvenus à être synthétiques, efficaces et à mettre les prochaines étapes sur les rails : les plans d’action détaillés et priorisés par Comités Techniques sont validés, chaque CoTech est porté en responsabilité avec des moyens humains dédiés, c’est à dire des groupes projets et des référents dans tous les territoires, le point sur la candidature au projet européen EuroVelo 1 a été fait, etc. Cette année 2015 a été très marquée par des actions marketing majeures qui ont particulièrement bien avancé grâce aux référents métier des territoires partenaires, aux groupes projets et aux pilotes qui travaillent en lien étroit avec la coordination (ce travail d’équipe est la clé du succès). Ce sont les compétences additionnées qui font que les choses avancent pour La Vélodyssée. Pour chaque action, nous avons des objectifs et pouvons attester de résultats et d’un niveau de réalisation. Nous sommes vraiment dans une phase de gestion de projet aujourd’hui, avec le développement d’outils pour l’accompagner (Espace Partenaires, communautés Google+, communication interne, outil de gestion de projet en ligne, etc.).

Le contexte des collectivités n’est pas simple et La Vélodyssée entre dans une année où elle doit renouveler sa convention partenariale. Avez-vous des incertitudes pour la suite ?

Aujourd’hui, nous ne savons pas si tous les partenaires vont renouveler leur engagement en raison du contexte structurel et politique. La Région Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes par exemple ne sera pas en capacité de se positionner avant fin 2016, en raison de la fusion. Si sur le principe, les partenaires du projet sont convaincus de l’importance de continuer pour transformer l’essai, il faut maintenant que chaque structure confirme son engagement sur une 3ème génération de convention de partenariat. Et nous ne sommes pas les seuls. Certains Départements ou Régions vont devoir par exemple se positionner sur le renouvellement de convention de plusieurs comités d’itinéraire en 2016. Sans une base engagée, il est clair que nous ne pourrons pas aller plus loin. Nous avons la chance de faire partie d’une candidature à un projet européen porté par le Département des Pyrénées-Atlantiques qui, si elle aboutit, devrait nous permettre d’aller plus vite et plus loin avec des moyens humains et financiers accrus. Les enjeux sont nombreux tant sur l’Infra que sur les Services ou le Marketing : évaluer les retombées économiques à l’échelle de l’itinéraire, améliorer les services et l’intermodalité, accroître la notoriété et la visibilité de La Vélodyssée à l’étranger, développer la stratégie web, etc. –

Il y aurait un « esprit » La Vélodyssée ?

C’est Michel Lalanne, notre « sage » du Comité de Direction, Directeur du CDT des Landes, dont nous venons de célébrer le départ à la retraite, qui selon moi a le mieux exprimé cet esprit à Capbreton. Il a dit : « La force de La Vélodyssée est de trouver la bonne compétence disponible pour faire le petit bout de travail nécessaire (…) et les petits bouts font des grands bouts ». Et c’est vraiment ça. Nous avons estimé à 800 jours le temps passé par les référents métier des 24 structures partenaires sur le projet (hors équipe de coordination bien-sûr). Et sur ce total, le temps donné au collectif par les pilotes et référents en charge d’actions est estimé à  200 jours au moins. Cet investissement en temps est de plus en plus transparent au sein des structures. Les collaborateurs de nos organismes partenaires intègrent cela de manière très officielle dans leur plan de charge. Et lorsque les directions soutiennent cette implication, ce qui est essentiel, c’est gagné. De nombreux membres de directions ou membres de nos groupes de travail témoignent du fait que s’engager dans un projet pareil, c’est une richesse humaine et professionnelle incroyable pour les participants et une ouverture très positive. L’argent c’est bien, mais cela ne fait pas tout, surtout quand il s’agit de mobiliser à grande échelle. L’ADN de La Vélodyssée, c’est avant tout son collectif, ce sont des hommes et des femmes qui travaillent en confiance, qui ont envie de faire ensemble dans l’intérêt d’un projet commun, qui a du sens et qui avance. Un esprit collectif qui souffle sur La Vélodyssée pour permettre à notre jeune itinéraire de continuer à grandir et à se développer.

Charente-Maritime Tourisme (CMT) est chef de file du comité d’itinéraire de La Vélodyssée pour le compte du collectif. Comment cela se concrétise-t-il ?

CMT est chef de file de La Vélodyssée depuis 2 ans et cela n’est pas une petite responsabilité. Stéphane Villain, son Président, et donc celui de La Vélodyssée, va devoir mener dans les prochains mois de grosses réunions en régions pour rencontrer les nouvelles équipes de nos structures partenaires, leur présenter la démarche, les ambitions de cette 3ème génération de convention et réussir à disposer d’accords de principe au plus vite. Au nom du collectif, CMT va devoir s’engager sur des projets lourds et notamment le projet européen. Il sera plus complexe pour une structure associative de supporter seule l’avance de trésorerie nécessaire à un ambitieux projet européen dans les mêmes proportions qu’une Région par exemple. Les enjeux sont de taille. Sur le principe, les partenaires sont convaincus et plusieurs se sont dits confiants sur les modalités de cette nouvelle convention. Il reste maintenant à identifier les points critiques et à trouver les meilleures solutions qui permettront la mise en œuvre du projet européen EuroVelo 1 pour La Vélodyssée.

Pour ce troisième cycle de partenariat, La Vélodyssée part sur un échéancier de 4 ans de 2017 à 2020. Pouvez-vous nous dire pourquoi ?

Tout d’abord par ce que 3 ans c’est court ! 1 an pour mettre les conventions sur les rails, 1 an pour mettre en œuvre un plan d’actions ambitieux et 1 an pour préparer la suite, un rythme plus que soutenu depuis presque 6 ans. Aujourd’hui il convient de ménager notre monture pour aller loin et tel Ulysse faire un beau voyage. Nous avons également proposé de partir sur un cycle de 4 ans pour coller au projet européen Interreg EuroVelo 1 (dont la candidature est en cours d’élaboration) et nous garder une année post-projet européen justement. Une convention nouvelle, calée sur ce projet notamment, va être établie pour signature entre le chef de file et les partenaires de l’itinéraire. Un budget global sur 4 ans qui pourrait atteindre les 1,4 million d’euros. Le projet européen devrait permettre de changer d’échelle et de volumes financiers. La Vélodyssée y sera forcément leader de certaines actions, notamment sur le web et les services innovants.

Quels sujets sont importants à traiter aujourd’hui pour l’itinéraire ?

L’enquête menée en 2015 auprès des clientèles dans 4 départements et l’étude de fréquentation menée sur la partie bretonne de La Vélodyssée nous ont permis d’identifier les forces et faiblesses de notre itinéraire. Le constat pour La Vélodyssée est le même que pour les autres itinéraires français : il manque des services autour de l’itinéraire (points d’eau, toilettes, poubelles, aires de pique-nique, etc). C’est un point qui sera à travailler dans le cadre du projet EuroVelo 1. Et puis il y a la question de l’observation. Nous souhaitons lancer une enquête à l’échelle de tout l’itinéraire. Cette dernière sera calée sur la méthodologie nationale. Nous la mènerons soit dans le cadre du budget global du projet européen, soit en dégageant un budget complémentaire, au travers d’une convention spécifique. Notre ambition ? Une enquête en 2017 ou 2018.  Nous débordons d’envies et d’idées sur d’autres sujets également (notamment sur le web social), mais il faut faire des choix. Car si les envies ne manquent pas, c’est souvent le temps et les moyens tant humains que financiers qui nous manquent ! Le projet européen EuroVelo 1 est en ce sens une belle opportunité pour se doter de moyens pour financer des actions à la hauteur de nos ambitions, avec en contrepartie le partage et une définition des projets dans une cohérence européenne. Continuons !

Propos recueillis par Camille Thomé

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