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Retour d’expérience sur la numérisation de 2 000 km de véloroute

Numériser un itinéraire cyclable est la promesse pour un maître d’ouvrage d’information fiable et actuelle sur l’état d’une véloroute, mais pas seulement. La numérisation peut (doit!) aussi servir aux usagers grand public d’un itinéraire pour télécharger la trace GPS. Après la numérisation de 350 km du Petit Tour de Manche en octobre 2011 et de 400 km de la Véloscénie Paris-le Mont Saint Michel en décembre 2011, le bureau d’étude Inddigo-ALTERMODAL s’est attelé à une véloroute d’une toute autre ampleur en février 2012 : La Vélodyssée et ses 1 256 km d’itinéraire. L’occasion d’un retour d’expérience sur les points clés d’une numérisation d’itinéraire cyclable avec 1 571 km en comptant les antennes. Loin d’être accessoire, la numérisation est une étape technique importante qui mérite que l’on s’y arrête un instant.

Point de vue d’une famille à vélo – C’est à vélo que la numérisation s’effectue pour un rendu à la fois complet et minutieux. « Qualifier la donnée, c’est la relever mais également la renseigner» explique Etienne Leborgne, chef de projet Mode Doux chez Inddigo-ALTERMODAL. « Dans l’appréciation du niveau de difficulté du parcours, nous nous sommes mis dans la situation d’une famille à vélo avec remorque pour enfants  afin d’apprécier au mieux les gabarits d’une part et  le ressenti de dangers d’autre part. Les six cyclistes pédalant sur La Vélodyssée ont ainsi été en mesure d’évaluer le tracé  et le relevé des Points d’intérêt (POI) selon une appréciation équivalente ».

Outils et objets – En termes d’outils, la saisie avec des smart phones occasionne parfois des vides de saisie à cause de problèmes de géopositionnement. Les outils dédiés tels que les GPS dédiés à la randonnée restent donc préférables dans le cadre d’un relevé complet. Ils sont un bon moyen pour disposer du tracé le plus exact possible (précision jusqu’à 3 m selon les conditions) et de relever les points d’intérêt qui jalonnent les véloroutes. « La numérisation ne se limite pas au relevé de l’itinéraire principal de la véloroute.  Elle prend également en compte les antennes vers les gares et pôles de service, les éléments ponctuels non-marchands  tels que les gares, aires de pique-nique, WC, point d’eau…  Sur des tronçons délicats (carrefours dangereux par exemple) le relevé consiste aussi à prendre des photos géolocalisées. Pour La Vélodyssée, ce sont les CDT et les OTSI qui assurent la numérisation des POI marchands (hébergements, loueurs vélo…)  ».

Rôle déterminant du cahier des charges – Pour une mission de numérisation réussie il est nécessaire que le chef de file de l’itinéraire définisse un cahier des charges précis détaillant et qualifiant tous les éléments à relever le long de l’itinéraire. « Sur La Vélodyssée, la coordination était le premier niveau client. Le deuxième niveau, c’était France Vélo Tourisme qui opère sur le site web de l’itinéraire. (…) Le cahier des charges pour la Vélodyssée est très abouti, il convient de s’en inspirer » affirme Etienne Leborgne. Distinction entre informations relevant du SIG pour le maître d’ouvrage et informations à destination du grand public, anticipation des méthodes d’actualisation des données ou encore formatage et typologie des tracés selon les exigences de France Vélo Tourisme, … Tous ces aspects doivent être précisés dans le CCTP en amont de la mission.

Postproduction – Après le terrain, s’ensuit une partie non négligeable du travail: le nettoyage des traces GPS, condition indispensable à leur lisibilité pour le grand public sur le site Internet comme sur leur GPS (en cas de téléchargement de la trace) , assemblage. Relecture, vérification, corrections, topologie impeccable … Plus technique mais néanmoins incontournable, la question du format des traces doit aussi être posée. Ce format doit en effet permettre la lecture des données (traces, points d’intérêt) par différents supports de lecture (googlearth, GPS, smart phones…). « Chez Inddigo-Altermodal, nous sous-traitons à GMT-Editions tout ce qui relève de la technologie et des formats  GPS » précise Etienne Leborgne.

Coûts et compatibilités – La numérisation de La Vélodyssée peut être qualifiée d’expérimentation en raison de la longueur inédite de l’itinéraire en France. Etienne Leborgne tire quelques enseignements de cette expérience atlantique : « Les délais étaient ultra serrés et les coûts largement sous-estimés. Il faudra également à l’avenir prévoir une vérification de la donnée par les maîtres d’ouvrage le tout dans un format lisible et dans des délais tenables ». Une estimation à 100 € du kilomètre semble approcher de la réalité. Cher ? Pas si cher finalement puisque la coordination de La Vélodyssée a prévu de transmettre la donnée à chaque département et région traversés  par l’itinéraire pour leur propre bénéfice et que l’Observatoire national des véloroutes et voies vertes récupèrera également la donnée. « Depuis deux ans, les champs SIG que nous saisissons sont conformes au modèle conceptuel de données de l’ON3V » a précisé Etienne Leborgne.

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Crédits photo : Etienne Leborgne

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